jeudi 1 juillet 2010
"Je voulais me cacher pour pleurer"
vendredi 18 juin 2010
Rappelle-toi !
Roland Guerche, bénévole au secteur précarité des pfP de Paris Est
mercredi 16 juin 2010
"Oui la vie vaut la peine d'être vécue"
jeudi 3 juin 2010
« Ça doit être difficile pour toi d'aller à Auschwitz..."
J'ai entendu cette phrase plusieurs fois avant de prendre l'avion en direction de Cracovie. Et je dois dire que cette phrase m'a bouleversé un peu. Avant, les camps de concentrations n'existaient que dans les livres d'école, mais là je me suis rendu compte que je serais bientôt sur les vrais lieux et que je serais confronté à la réalité la plus dure.
A l'école, on m’a parlé du « National socialisme », de la tyrannie des nazis et de l'extermination des juifs depuis l'âge de 11 ans. On a parlé de la Shoah, on a regardé des films et même au bac, j'ai été confronté à ce sujet. Je pensais être assez fort et surtout bien préparé pour aller voir le camp d'Auschwitz, mais dès qu'on est sorti de l'avion, je me sentais mal à l'aise. C'était en Pologne où il y avait les camps d'exterminations des nazis. Pour la première fois de ma vie, je me sentais coupable de ce qui c'est passé là. Avant, j'avais toujours gardé une certaine distance et je me disais que je n’y pouvais rien. Mais d'un seul coup, je me suis dit: « C'est ton peuple qui a fait ca ! » J'avoue que j'avais honte et heureusement, j'étais là, avec un groupe français. Je ne pourrais pas faire la même visite avec un groupe allemand parce que j'aurais honte. Lors de la visite de l'ancien camp d'Auschwitz, j'ai vu toutes les atrocités que les nazis ont inventées pour tuer des millions de personnes innocentes.
Durant le temps passé à Auschwitz, j'ai souvent entendu une phrase: « Ce n'est pas possible, ils n'étaient pas des hommes. Un homme n'est pas capable de faire ca. » Je me disais que si, ils étaient bien des hommes; des hommes qui ont été manipulés par la propagande des nazis, des gens normaux avant. Souvent les bourreaux des camps rentraient le soir voir leurs familles et jouaient avec leurs enfants.
Quand je parlais avec mon grand-père, il me disait souvent qu'il avait vraiment pris conscience qu'on l'avait manipulé systématiquement seulement à son retour, après-guerre. Il est né en 1925. Même 80 ans après, il n'était pas guéri de cette manipulation. De temps en temps, il sortait des phrases qui venaient bien de la propagande des nazis et qui n'ont plus de place dans notre monde.
Je suis allé en Pologne en tant que représentant d'un peuple qui a compris et appris de son Histoire. J'ai vu des gens dans le camp d'Auschwitz qui se comportaient comme des touristes dans un parc d'attractions et cela m'a mis en colère. Auschwitz n'est pas un lieu où on va comme pour une sortie du dimanche, mais un endroit où il faut commémorer tous les hommes qui ont été tués et maltraités et où chacun doit faire mémoire. Des scènes pareilles ne doivent jamais se répéter.
« Je me trouve ici aujourd'hui comme fils du peuple allemand », a déclaré le pape Benoît XVI lors de sa visite à Auschwitz en 2006 et pour moi c'était une pensée pareille. Pour moi en tant qu'Allemand, je me sens obligé d'être conscient de notre histoire terrible et de m'engager activement contre la violence et la persécution des êtres humains. Auschwitz signifie pour moi une faillite de notre culture et notre humanité.
Philipp Wollert, volontaire allemand
mercredi 26 mai 2010
Et d’abord, la crainte. Celle de ne pouvoir partager la douleur. L’inconfort d’être ensemble quand je voudrais la solitude. Mais je ne sais alors pas encore que pour supporter l’horreur j’ai besoin de nous.
Non, à cet instant, j’ai comme le besoin de me nourrir d’une souffrance coupable, de ressentir, de macérer la douleur au plus profond, de la porter, seule, pour espérer un instant seulement comprendre.
C’est ça. Souffrir pour comprendre. Mais je ne sais pas encore.
Souffrir pour les faire revivre, toi, mamie Cyla, vous, nous, les millions d’êtres humains.
Nous marchons dans les allées.
A chaque fil barbelé, c’est l’homme qui devient monstre.
La gorge nouée peut faire sortir les larmes, elle garde le goût acre des camps.
Nous rentrons dans un block. Je me perds devant autant de visages sur les murs.
Je pleure ma grand-mère et les millions d’êtres humains.
Je pleure l’homme déporté et je hais l’homme nazi.
Je ne sais plus.
« Nous sommes de la race de ceux qui sont brulés dans les fours crématoires, nous sommes aussi de la race des nazis. » écrivait Marguerite Duras.
Je ne sais plus. Seule. Je n’y arrive plus. Et je vous vois.
« La seule réponse à faire à ce crime est d’en faire un crime de tous. De même que l’idée d’égalité, de fraternité. Pour le supporter, partager le crime. »
Je crois comprendre Duras.
Et je vous vois.
Et je comprends qu’ensemble nous portons l’Histoire.
Et je comprends que j’ai besoin de vous.
Nous déposons des fleurs.
Nous nous prenons les mains.
Et en silence, nous faisons mémoire.
Ensemble, à Birkenau, nous continuons à vivre.
Et alors je comprends. Tout fait sens.
Nous ici, je comprends, et plus tard, je comprends, quand Pierrick chante la fraternité et que Ginette danse le tango, quand il pleut averse à Cracovie et que je ris sous mon parapluie, quand nous mangeons, buvons, rions je comprends.
Je comprends qu’ensemble nous avons fait le voyage de la vie, le voyage de l’Homme.
Alors,
Merci Ginette,
Merci les petits frères des Pauvres,
Merci à nous.
Johanna Baché.
dimanche 23 mai 2010
Lors de la visite des camps, cet homme, Pierrick Pouliquen, nous a accompagné, et a pu profiter du témoignage de Madame Kolinka. Par un mail adressé à madame Liliane Capelle, il nous a exprimé sa gratitude, et surtout ses impressions...
"Chère Madame,
Dans mon pays, la Hongrie, les enseignements sur la seconde guerre mondiale sont très faibles, et la déportation des juifs est un sujet quasi pas évoqué lors de la scolarité des jeunes Hongrois. Le résultat est saisissant: c'est un pays dans lequel l'antisémitisme est décomplexé: on peut l'afficher sans aucune honte.
J'ai vécu l'expérience en Janvier dernier au poste frontière de Arad (frontière Roumanie Hongrie que je passais en train), de plaisanter avec le douanier qui me parlait de Sarkozy comme président; je lui ai répondu en Hongrois "vous ne nous avez pas envoyé le meilleur" sur le ton de la boutade....sa réaction a été "...le problème c'est qu'il vient d'une famille juive...." dit pas du tout sur le ton de la plaisanterie...Cela s'est passe a une frontière, en entrant dans la zone Schengen, en Janvier 2010! Cela fait 9 ans que je vis en Hongrie, et ces situations me bouleversent toujours.
Je ne sais pas du tout comment l'Europe pourrait aider a faire en sorte que tous ses citoyens reçoivent au moins des bases minimum sur le sujet de la Shoah, cela me semble indispensable vu de la Hongrie....
J'avais préparé cette visite depuis longtemps, l'objectif de la visite du camp était pour moi de visualiser enfin ce lieu si important de la mémoire de l’humanité, afin que mes propres yeux soient témoins. J'y emmenerai mes 3 enfants le jour ou ils seront en age de comprendre et ils deviendront temoins a leur tour.
Merci donc a nouveau de nous avoir fait participer a votre visite de groupe.
J'ai eu l'occasion de saluer certaines personnes en partant, mais n'osais pas trop m'imposer, ce mail réparera cette incorrection j’espere.
Félicitations pour l'élaboration du projet avec "les Petits frères des pauvres". J'ai lu les pages internet le concernant avec notamment l'histoire de chaque participant. L'ambiance de ce groupe était très particulière, j'aurais réellement apprécié en faire partie si je l'avais connu depuis le début.
En vous remerciant a nouveau,
Sincères Salutations",
Pierrick Pouliquen
dimanche 16 mai 2010
Vers Auschwitz
vendredi 14 mai 2010
Témoignage de Mme Kolinka
Le 20 Avril, l'ensemble des participants au projet a été invité à rencontrer Mme Kolinka, qui nous a fait l'honneur de partager son témoignage, véritable message de tolérance, de respect, et de fraternité.
Mme Ginette Kolinka, qui a été déportée à Auschwitz le 31 juillet 1944, et qui participe au projet comme grand témoin, a raconté son histoire et en a tiré un enseignement tant pour les plus jeunes que pour les plus âgés. Soulignant l'importance de transmettre une telle expérience à la jeunesse, elle a parlé de sa crainte et de sa haine du racisme ainsi que de sa détermination à lutter contre toutes formes de xénophobie, lutte qui pour elle prend la digne forme du témoignage.Josué Serres, étudiant.